| L'UNIVERSITÉ TANGENTE http://utangente.free.fr |
Site de L'Université Tangente: "un lieu sans examens, par principe ouvert à tous. Un lieu de déconditionnement social dans lequel les participants sont co-producteurs de l'université" (extrait du manifeste de l'université tangente). L'université tangente contient un centre de recherches sur la gratuité: "À travers le centre de recherche sur la gratuité, elle réfléchit sur les manifestations de la gratuité dans le monde et la manière dont elle traverse le champ de production théorique (économie, théologie, sociologie, anthropologie, etc.). À travers la 'zone de gratuité', elle met à disposition des biens ou des propositions de services gratuits (sans contrepartie)." http://utangente.free.fr/anewpages/pres.html
"Nombre des conquêtes sociales sont qualifiées par le terme de gratuité (école, santé,...). Nombre des services payants pourraient être distribués gratuitement. Nombre des ressources naturelles et culturelles aujourd'hui encore gratuites ou hors commerce sont en voie de devenir payantes ou en accès conditionnel. Étudier la gratuité comme mode de gestion des ressources collectives vise l'établissement durable d'une politique potentielle où la question des besoins serait enfin subordonnée à la question des fins." http://utangente.free.fr/anewpages/free.html Extraits de l'essai : "INSTITUTIONS DE LA GRATUITÉ" Par Bureau d'études "La gratuité n'existe pas 'en soi'. Dans le droit romain, la gratuité caractérisait les "choses sans maître" (Res Nullius), les "choses communes" (Res Communes) ou les choses sacrées (res Sacrae). «Ce qui appartenait à la communauté ou aux dieux était seul soustrait à la possession privée (res extra commercium)» (Ihering, L’esprit du droit romain dans les diverses phases de son développement, Paris, 1887, t. 2, p. 146). Quelles conventions pourraient organiser la gratuité et d'abord, pourquoi construire un concept, un usage et des pratiques gratuites ? La gratuité ne retourne pas du don narcissique, affectif ou solidaire (Marcel Mauss évoque d'ailleurs la contradiction qu'il y aurait à parler d'un don gratuit, c'est-à-dire d'un don qui ne contribuerait en rien à créer de la solidarité). Elle ne retourne pas davantage, comme nous le verrons plus loin, de l'échange marchand ou de la redistribution. Définir les spécificités de la gratuité, c'est ce qu'il s'agira donc ici d'établir." "Hauriou fut le premier juriste à associer gratuité et service public. Selon le Doyen de Toulouse, le service qui a la charge de l'intérêt public doit être organisé sur un mode communiste et son financement assuré par la communauté. Avec la mise en commun des ressources, organisées sur un mode communiste, la gestion du bien commun s'ajuste à l'intérêt général. «Des ressources sont mises en commun pour que des services soient rendus également et gratuitement à tous. De là vient le caractère non lucratif des services publics» (Hauriou). La dépense est effectuée lors d'une mise en commun des ressources (organisation sociale) préalable à la production des biens ou des services." http://utangente.free.fr/anewpages/crg33.html
Extrait de l'essai : "INVENTER LA GRATUITÉ" Par Bureau d'études, aussi publié dans la Revue du MAUSS, 2003 "Tandis que le copyright est fondé sur la protection de l'auteur et se présente comme un droit privatif à propos de biens qui n'ont de valeur que de circuler et d'être appréciés, le copyleft, lui, est fondé sur la liberté des utilisateurs. L'affaire Napster et plus largement le développement du peer to peer tendent à prouver que le copyright malmène les biens immatériels qui défient deux des principes fondamentaux de la police économique : la rareté et le contrôle. Les données numériques sont copiables à l’infini à coût quasi nul. Le producteur ne maîtrise pas l’usage des données qu’il diffuse et ne peut en empêcher la dissémination : l’économie des biens immatériels retourne par nature de la gratuité au sens fort (biens sans maître) ou faible (coopérativité). Il faut distinguer le don d'information ou son placement dans un circuit de coopération, de sa gratuité.Le donateur adresse son don de façon souveraine et crée éventuellement une dette, une dépendance, une réciprocité de celui qui reçoit.La gratuité est une mise à disposition anonyme ou quelconque."http://utangente.free.fr/anewpages/crg34.html Un autre extrait de l'essai "INSTITUTIONS DE LA GRATUITÉ": "Ainsi, une gratuité avec auteur peut être distinguée d'une gratuité sans auteur, le marketing ou la volonté commerciale retournant de la première. La gratuité sans auteur est une mise à disposition anonyme ou quelconque, sans contrat : elle est sans intention et sans attente: (a) Dans une gratuité anonyme, les individus sont interchangeables. La circulation de biens ou de signes n'est pas effectuée par les uns vers les autres. Il n'y a pas d'émetteurs ni de récepteurs. L'information anonyme, par exemple, est un agrégat, un fonds commun, un bien que tout le monde peut prendre parce qu’il est accessible à tous. Son principe n’est pas le partage ni la communauté d’information, l’échange d’information entre des personnes qui se connaissent mais la mise en disponibilité sans attente de retour et dans l'indifférence à l'égard du récepteur. L’information anonyme est produite, diffusée, collectée ou ramassée par n’importe qui. Si des rencontres entre des émetteurs et des récepteurs se produisent, elles sont brèves et sans lendemain, sans identité ni reconnaissance, sans enjeu ni projet. Les informations entrent en conjonctions temporaires induisant des regroupements aléatoires et provisoires, d’émetteurs et de récepteurs dans des contextes mouvants rendant impossible toute souveraineté et tout pouvoir constitué. (b) Dans une gratuité quelconque, les individus ne sont pas interchangeables : ils sont n’importe qui ou n'importe quoi, mais ils sont eux-mêmes, pleinement singuliers. Il y a des émetteurs concrets et des récepteurs concrets, charnels. Les regroupements s'effectuent sur des modes intensifs et affinitaires et non statistiques ou aléatoires. L’auteur quelconque rompt avec l’absence de qualité de l'anonymat : il se manifeste comme puissance." http://utangente.free.fr/anewpages/crg0.html Extraits de l'essai : "LA FIN DU PRINCIPE D'ÉQUIVALENCE" Par Bureau d'études
"Les récents débats autour du copyleft et de Napster, les rapports de force entre droit d’auteur français et copyright anglo-saxon, les vieux débats autour de l’exception culturelle, indiquent les zones d’appropriation et de contrôle des profits d’une société de l’expression dans laquelle la production culturelle est un marché clé. Or, l’auto-production et l’auto-diffusion de l’expression, la création autonome de normes, de formes et de savoirs, entrent en concurrence et déstabilisent les monopoles constitués de la production immatérielle et culturelle. L’économie du don mise en oeuvre par les créateurs de logiciels gratuits, donnant allègrement leur code sur internet, met en crise l’éthique utilitariste et instaure de nouvelles formes d’échanges non-marchands et non monétaires. Répétons-le : la garantie d’un revenu de base, d’un revenu d’existence ou d’un revenu de citoyenneté, autrement dit, l’instauration d’un droit au revenu rémunère les externalités positives générées par les nouveaux travailleurs de l’immatériel et de la coopération. Un tel revenu est un multiplicateur de ces activités coopératives et expressives : activités artistiques, politiques, scientifiques, sportives, artisanales, relationnelles, écologiques, aménagement du cadre de vie, réseaux d’échanges de savoirs et de services, création immatérielle… autant de manifestations d’une société de l’expression en voie d’émergence." http://utangente.free.fr/anewpages/crg32.html Dans l'essai "SOUS LE MARCHÉ, LA GRATUITÉ ?" (2001) Bureau d'études propose: "Seule la gratuité peut réellement et durablement garantir l'égalité économique et sociale et la meilleure satisfaction des besoins des individus. Il n'y a pas de liberté pour les individus sans égalité. Il n'y a pas non plus d'égalité des droits sans égalité sociale. Or, la gratuité est la seule garantie d'égalité sociale. Seulement tout a un coût. Le rôle du service public et des entreprises est donc de socialiser ces coûts au bénéfice de ceux qui ne peuvent payer." http://utangente.free.fr/anewpages/crg31.html |